La hausse des frais d’inscription à Dauphine : vers encore moins d’égalité entre les étudiants
La mise en place de l’autonomie des universités est en train de développer ses effets en remettant en cause se qui avait sous-tendu jusqu’ici l’idéal universitaire français : la possibilité d’accéder aux formations de l’enseignement supérieur égale pour tous sans considération de leurs revenus et sur tout le territoire.
La mise en place de l’autonomie des universités est en train de développer ses effets en remettant en cause se qui avait sous-tendu jusqu’ici l’idéal universitaire français : la possibilité d’accéder aux formations de l’enseignement supérieur égale pour tous sans considération de leurs revenus et sur tout le territoire. En effet, si la politique universitaire faisait appel à des choix politiques volontaristes qui engageait une vision globale de la société, nous risquons désormais de nous retrouver dans un système qui est celui qui plait le plus au gouvernement de Nicolas Sarkozy, celui de la dérégulation et de la concurrence. A l’heure où le gouvernement et la ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pecresse se targuent d’être les héraults de la démocratisation de l’université par l’instauration de « quota » de boursiers dans les grandes écoles, ils permettent pourtant aujourd’hui par exemple l’installation d’une véritable sélection sociale à l’entrée des masters de Paris Dauphine. Lors de son conseil d’administration du lundi 1er février, Laurent Batsch, Président de l’Université Paris-Dauphine, a validé la mise en place de frais de scolarité progressifs (sur le modèle de science-po), et ce pour les diplômes d’établissement ayant reçu le grade master en Juillet 2009. La réforme des droits de scolarité, conduite dans la plus totale opacité par l’administration de l’Université, appliquée au Masters de Gestion et d’Economie internationale et de développement a conduit à les échelonner selon les revenus parentaux entre 1 500 € et 4 000 €. On peut déjà déplorer que la charge de financement de l’Université soit transférée aux étudiants alors que jusqu’à présent, le financement de l’université Paris Dauphine reposait essentiellement sur les dotations accordées par l’Etat. Ce projet parait peu justifié puisqu’il a pour unique objectif d’augmenter les ressources propres de l’établissement, alors que celui-ci est essentiellement financé sur fonds publics, et que son budget augmente sans cesse depuis 2007 : cette année encore l’Etat a augmenté de 15% sa dotation. Par ailleurs, ce projet est hypocrite car, sous couvert de justice sociale, l’instauration de frais d’inscription élevés aura pour seule conséquence de priver les étudiants les plus modestes d’accès aux masters de Dauphine. En instaurant une homogénéisation de la population étudiante, la « sélection par l’argent » est un réel danger pour la mixité sociale. Et quel sera le choix de la présidence lorsque celle-ci devra choisir entre un étudiant boursier exonéré de frais d’inscription et un étudiant qui souscrit au frais de scolarité maximal ? Un autre effet de cette dérégulation de l’Université est révélé par la création des diplômes d’établissement. Ces diplômes instaurent une véritable inégalité des chances entre les étudiants, qui en fonction des universités dans lesquels ils s’inscriront se verront dispenser un enseignement différent plus ou moins reconnu. Le diplôme d’établissement étant associé à la liberté de choix des frais d’inscriptions par l’Université elle-même, il y a fort à parier que l’on se retrouve dans un système où les diplômes les mieux côtés deviennent à terme de plus en plus chers. L’enseignement supérieur et la recherche subissent des assauts de toutes parts du gouvernement ( voir nos articles ici et
là ) la mobilisation doit se poursuivre !



