le blog de RéSo - le site AntiSarko - RSS
Accueil du site > ECHANGER > Vu d’ailleurs
La réforme des retraites en Espagne : une épine dans le pied (gauche) du PSOE

En baisse continue dans les sondages depuis plusieurs mois, les socialistes espagnols doivent maintenant faire face à une polémique quant à une possible augmentation de l’âge légal du départ à la retraite.

mis en ligne le 5 mars 2010 - 648 visites

En baisse continue dans les sondages depuis plusieurs mois, les socialistes espagnols doivent maintenant faire face à une polémique quant à une possible augmentation de l’âge légal du départ à la retraite.

Plus encore qu’en France, la crise économique frappe de plein fouet la société espagnole. Le chômage approche la barre symbolique des 20% de la population active et c’est dans ce contexte économique difficile que le gouvernement espagnol envisage « la retraite à 67 ans ».

Dans un premier temps, de nombreuses réactions politiques d’incompréhension ont suivi cette annonce officieuse de la ministre de l’Economie qui visait semble-t-il à tester l’opinion publique et les syndicats.

Il est vrai, que ce coup de tonnerre est d’autant plus incompréhensible qu’actuellement l’âge légal est fixé à 65 ans, parmi les seuils les plus hauts des pays de l’Union Européenne.

D’autant plus paradoxal, que les critiques les plus exacerbées sont venues du Parti Populaire (opposition parlementaire de droite) soulignant que dans la pratique, l’âge moyen n’avait pas encore atteint les 63 ans.

D’autant plus étonnant que lors de la présentation des comptes des caisses de retraites soulignent leur santé exemplaire en comparaison à celles de leurs voisins européens. Les chiffres publiées par le ministère du Travail assurent la pérennité de la retraite par répartition, l’organisme public sera même excédentaire de 8,8 millions d’euros par an jusqu’à 2014.

Enfin, d’autant plus regrettable que ce projet a mis au grand jour les divisions idéologiques internes du PSOE, opposant Elena Salgado, ministre de l’Economie, favorable aux 67 ans et Célestin Corbacho, ministre du Travail, fermement opposé à l’allongement de la durée de cotisations.

Dans ce contexte, des voix internes s’élèvent pour redéfinir les priorités des réformes menées par le Gouvernement Zapatero. Ces derniers réclament notamment une réforme de « l’efficacité » fiscale. Selon une récente étude, chaque citoyen espagnol aurait omis de déclarer en moyenne 4000 euros au fisc pour l’année 2009, un véritable manque à gagner dans le budget de l’Etat.

Alors pour quels motifs toucher à l’âge légal de la retraite ?

Une première explication socio-économique tend à expliquer que, pointée du doigt, et même comparée à la Grèce ou au Portugal en raison d’une mauvaise gestion des comptes publics, l’Espagne ferait du zèle superflu au détriment de ses travailleurs.

Une autre explication plus politique est évoquée : Au pouvoir depuis 2004, la gauche espagnole a atomisé les organisations syndicales, relayées au rang de partenaires politiques.

Effet d’aubaine ? Les manifestations organisées partout en Espagne leur ont permis de les réhabiliter dans leur rôle de défenseur des droits sociaux des travailleurs en enterrant les 67 ans. A voir si une telle démarche ne serait pas un coup de pouce indirect du gouvernement aux syndicats ouvriers.

En tout état de cause, de manière quasi unanime, la proposition semble déjà avoir du plomb dans l’aile. En réponse, José Luis Rodriguez Zapatero déclarait à Malaga, le 21 février que « les travailleurs doivent savoir qu’aucune de (ses) réformes ne se fera au dépend de leurs droits ».

Sacha Houlié, Stéphane Séjourné

Grenade, Espagne


Cet article vous a plu? Vous pouvez:

  • Le partager sur Facebook
  • Vous abonner à la newsletter de RéSo
  • Suivre l'actualité de RéSo par flux RSS ou sur Twitter
  • Nous contacter pour participer à l'activité de RéSo
  • Reagissez

    Espace presse - L'équipe - Contact - Plan du site - Contacts
    Pour profiter pleinement de ce site, téléchargez et installez la police No-Movement