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Face à la crise, faut il se contenter de solutions à court terme ?

[...] La crise est présente dans notre quotidien, elle nous concerne tous. [...] Depuis plus de 10 ans, les crises financières se succèdent à un rythme soutenu entraînant toujours de graves conséquences sociales. [...] Les conséquences [...] ont été dévastatrices, comme en témoignent les centaines de milliers d’américains [...] qui se sont retrouvés à la rue.

mis en ligne le 20 juillet 2010 - 341 visites

Qu’elle soit financière, économique, sociale ou écologique, la crise est présente dans notre quotidien, elle nous concerne tous.

Depuis plus de 10 ans, les crises financières se succèdent à un rythme soutenu entraînant toujours de graves conséquences sociales.

La crise actuelle révélée par la « crise des subprimes » aux Etats-Unis, à partir du second semestre 2006, s’est traduite par un véritable krach financier à l’été 2008 Les conséquences de cette frénésie spéculative ont été dévastatrices, comme en témoignent les centaines de milliers d’américains, souvent les plus fragiles, qui confrontés à une hausse rapide de leurs mensualités d’emprunt et incapables d’y faire face se sont retrouvés à la rue.

L’insolvabilité des débiteurs a conduit à la perte de nombre de sociétés de courtages et d’assurances, elles-mêmes dans l’incapacité d’assurer leurs clients auprès des banques entraînant une réaction en chaîne allant même jusqu’à la faillite de certains grands établissements bancaires. En mettant les banques en difficulté, cette crise a fait apparaître au grand jour les travers financiers dans lesquels elles avaient engagé nos propres deniers.

Dans l’obligation de secourir plusieurs banques en difficultés afin de garantir l’épargne de chacun, nos gouvernements ont consacré, sans réelles contreparties, plus de 1500 milliards d’euros d’aides financières à leur sauvetage entre septembre 2008 et février 2009. Une fois remises sur pied, les banques ont repris leurs pratiques de plus belle, ne tirant aucune leçon de cette crise financière.

Ces mesures et les nécessaires plans de relance adoptés n’ont pas pu empêcher la crise financière de se transformer en une crise économique majeure : pas moins de 80 millions d’individus sont actuellement au chômage ou en sous-emploi rien que dans les pays de l’OCDE. Ce sont évidemment les plus fragiles qui sont le plus durement frappés et les inégalités ne cessent de se creuser

Malgré les grands discours de nos gouvernants sur la régulation financière, les Etats n’ont pas su, ou pas voulu, la mettre en œuvre. Or, quelques mois après le début de la crise, ce sont les Etats eux-mêmes qui sont touchés.

Ce fut d’abord l’Islande en 2008, plombée par les dettes trop importantes contractées par ses banques privées, qui a du se résoudre à accepter l’aide de la Russie. Puis la Grèce, déjà fortement endettée, a vu sa situation aggravée par la dégradation de sa note et les réactions précipitées des spéculateurs. Elle se retrouve incapable de faire face et doit ainsi accepter l’offre de l’Europe et du FMI entrainant un plan de rigueur et pénalisant une fois encore les plus faibles.

La crise menace désormais l’Espagne, le Portugal, l’Italie et toute l’Europe. On a encore du mal à mesurer quels seront ses impacts sur le développement des pays du Sud.

Les Etats européens, incapables de s’entendre pour répondre de concert et avec réactivité à cette crise systémique, se sont résolus par la peur d’un écroulement de l’euro à agir à minima chacun de son coté tout en se servant de la crise comme prétexte pour imposer à leur population de nouvelles mesures de régression sociale Ces mêmes pays s’étaient pourtant montrés des plus indulgents avec les banques qu’ils avaient pu sauver un an plus tôt en investissant des montants faramineux.

Les gouvernements européens n’ont donc pas convaincus sur leur capacité à intervenir efficacement pour protéger leurs citoyens face aux marchés financiers. En se montrant impuissants à réguler le système, ils ont pris le risque d’accroître la perte de confiance dans le pouvoir politique.

Depuis, un concours de rigueur a lieu dans toute l’Europe à coups de rabotages afin de satisfaire les agences de notations et les marchés financiers. C’est la course à la bonne note au risque de briser la reprise de l’économie pourtant très timide. Alors que se présentait l’occasion de mettre en place une vraie régulation du pouvoir financier par l’instauration notamment de contre-pouvoirs, c’est la subordination de nos Etats, de nos entreprises et de nous tous aux pouvoirs financiers qui s’annonce… Nous ne pouvons l’accepter !

Nous appelons la société civile à agir pour dessiner les prémices de ce que pourrait être le contre-pouvoir que nous attendons, capable de faire face à ce nouveau pouvoir financier mondialisé, insaisissable et dépersonnalisé. Rien ne serait pire qu’un aveu d’impuissance car au-delà des immenses dégâts sociaux qu’entraînent ces crises à répétition, c’est la capacité de nos démocraties à organiser nos économies qui est en jeu ; c’est la capacité à lutter contre les les extrémismes qui se nourrissent souvent du sentiment d’impuissance.

Dans cet objectif, RéSo entamera dans les prochaines semaines un travail en commun avec tous ceux qui le souhaitent, citoyens, associations, syndicats et partis politiques, pour organiser en marge du G20 de novembre 2011 à Nice, des Etats Généraux pour un nouveau modèle économique mondial afin de montrer à nos dirigeants qu’un autre monde est possible !


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